Saulx : démissions en cascade dans le «village » qui refuse de grandir
Cédric Saint-Denis | | MAJ :
réagirSaulx-les-Chartreux, ce lundi.
La commune de 5 200 habitants, située au nord de l’Essonne, doit
organiser de nouvelles élections municipales dans les trois mois après
les démissions à répétition de conseillers municipaux. (LP/C.S.-D.)
Un tracteur toussote, ce lundi matin, sur un trottoir du centre-ville. Le conducteur s’est arrêté pour saluer un voisin. A Saulx-les-Chartreux, à 17 km seulement de Paris, le village de 5 200 habitants a conservé son caractère rural.
Pour combien de temps encore ? Cette
question divise aujourd’hui la petite commune du nord de l’Essonne, qui
doit organiser de nouvelles élections locales après l’abandon du maire,
Jean Flégeo, par une partie de son équipe municipale.
Elu depuis
1995, l’élu PCF a appris la nouvelle vendredi par la préfecture. «Nous
atteignons le tiers de sièges vacants depuis le 11 mars (10 sièges
vacants). Il convient donc de prévoir la tenue d’une élection municipale
partielle dans les trois mois. La date n’a pas encore été fixée »,
indiquent les services de l’Etat (lire ci-dessous).
La fronde ne date pas d’hier. Il y a un an, sept élus de la majorité démissionnaient.
«Nous avions demandé au maire un espace d’expression qui nous a été
refusée. Depuis, on s’est regroupé en association pour défendre les
intérêts du village, notamment sur le développement urbanistique. La ZAC
du Moulin, c’est une des causes principales de notre départ. A
l’origine, ce projet immobilier ne prévoyait que 300 logements. Puis
cela est passé à 400 et maintenant à 581. Ça représente près de 1 500
personnes supplémentaires. Il y a déjà de gros problèmes de circulation
et il n’y a pas la voirie nécessaire », souligne Didier Vivien, ex-élu
de la majorité.
Janvier 2016. Jean Flégeo, le maire (PCF) de Saulx-les-Chartreux. (LP/C.S.-D.)
Une
pétition sur ces problèmes de stationnement et de circulation a
recueilli ces derniers mois plus de 300 signatures. Une autre circule
dans le village contre un autre programme de 26 logements. Face à la
grogne ambiante, le maire a ajourné le 16 février ce projet dit de la
Grande Fontaine lors de la révision du Plan local d’urbanisme (PLU).
Une
séance du conseil municipal lors de laquelle quatre élus de
l’opposition ont donné leur démission «L’an passé, nous n’étions pas
prêts pour de nouvelles élections. Le maire construit à outrance, dont
beaucoup de logements sociaux. Et il ne prend pas compte des remarques
», justifie Auguste Lepoittevin. «Bien obligés de construire afin de respecter la loi »Connu
pour son franc-parler, Jean Flégeo refuse d’évoquer un changement
d’attitude dans ses méthodes. «Je ne comprends pas. La ZAC du Moulin a
été lancée depuis 2003, suspendue longtemps. Le tribunal administratif
nous a donné raison en décembre 2015. Maintenant que c’est construit,
les gens ont peur. Mais on est bien obligés de construire afin de
respecter la loi sur les logements sociaux (Saulx a 14 % de logements sociaux contre les 25 % exigés, NDLR), avance-t-il.
La surface d’espaces verts est toujours importante. On a protégé les
bois, les plaines agricoles en réinstallant notamment des maraîchers. On
a aussi réaménagé les parcs. »
Natif de la commune, Jean Flégeo
estime que le caractère rural du village n’est pas en péril. «On a
limité les logements de la ZAC à du R + 3 pour prendre en compte les
demandes des habitants », ajoute-t-il.
Saulx-les-Chartreux, ce lundi. La ZAC du Moulin est l’une des dossiers brûlants sur la commune. (LP/C.S.-D.)
Les
élus démissionnaires, qui présenteront une liste face au maire,
évoquent pourtant le manque de dialogue persistant. «Le personnel de la
mairie s’est mis en grève l’an passé. La commune doit évidemment
construire, soutient Laurence Auffret-Deme, une autre ex-membre de
l’équipe municipale. Mais là, il y un emballement urbain. Il n’y aucune
anticipation, pour les écoles, par exemple. Or, certaines personnes ont
choisi Saulx exprès pour sa tranquillité, son cadre. »
Dans les
rues du village ce lundi, les passants savent tous que l’orage grondait
sur la mairie. «Je suis installée ici depuis septembre, pas par choix,
précise une mère de famille originaire de province. Saulx, c’est très
calme. Ça manque d’animation. On ressent énormément l’esprit village,
mais pas forcément du bon côté… Les gens râlent contre les nouveaux
logements. Mais la ville doit bien évoluer. »
Des élections sous trois mois Démission
après démission, le conseil municipal de Saulx-les-Chartreux s’est peu à
peu vidé. Dans les communes de plus 1 000 habitants, lorsqu’un
conseiller municipal démissionne, il est remplacé par le suivant de
liste, appartenant à la même liste que lui, venant après le dernier élu.
Néanmoins, lorsque ce système ne peut plus être appliqué et que le
conseil municipal compte au moins un tiers de sièges vacants, de
nouvelles élections doivent être organisées pour procéder au
renouvellement intégral du conseil municipal.
A Saulx, il n’y a
plus que 19 conseillers (sur 29 au total) qui acceptent de siéger. Il en
faudrait un de plus (20) pour dépasser le tiers nécessaire. Il a fallu
attendre le refus de tous les suivants de liste depuis le 16 février
dernier (après la démission de quatre conseillers de l’opposition) pour
que la préfecture prenne la décision en fin de semaine dernière
d’organiser de nouvelles élections dans les trois mois.
Saulx-les-Chartreux, ce lundi. Dans la rue principale du centre-ville. (LP/C.S.-D.)
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